le maroc "pays des reves"
Le Maroc (arabe : المغرب, officiellement Royaume du Maroc المملكة المغربية) est un pays situé au nord-ouest de l’Afrique appartenant au Maghreb. Il est bordé par l’océan Atlantique à l’ouest, par le détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée au nord, par l’Algérie à l’est et par la Mauritanie au sud, au-delà du Sahara occidental. Le Maroc a pour capitale Rabat.

Le régime politique du Maroc est une monarchie constitutionnelle dont le souverain actuel est Mohammed VI. Le Maroc est membre d’un bon nombre d’organisations dont, notamment, l’Union du Maghreb arabe, la Francophonie, la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique. Le Maroc est le seul pays d'Afrique qui n'est pas actuellement membre de l'Union Africaine.
Étymologie
Le Maroc est appelé en arabe Al-Maghrib (المغرب, ce qui se définit par « le couchant » ou « l’occident ») comme le Maghreb dans son ensemble, ou plus complètement Al-Maghrib Al-Aqsa (المغرب الاقصى, ce qui se définit par « le couchant lointain » ou « l’extrême occident »), appellation permettant de faire la distinction entre les deux entités.
Le nom français Maroc dérive lui de la prononciation espagnole de Marrakech, Marruecos, ville du centre du pays fondée en 1062 et qui fut la capitale de trois dynasties (Almoravides, Almohades et Saadienne). De cette prononciation dérive également Marrocos (en portugais), Morocco (en anglais), et Marokko (en allemand, norvégien et néerlandais), les Persans l’appelant carrément Marakech. Les Turcs, eux, l’appellent Fas qui vient de l’ancienne capitale du Maroc sous la dynastie alaouite (avant 1912), Fès.
Dans l’Antiquité, les Grecs appelaient les habitants de la région les Maurusiens. À partir de cette appellation, la région (Maroc et Algérie occidentale) sera connue sous le nom de Maurétanie, avec Volubilis pour capitale. La région sera divisée en deux provinces par les Romains.
Aussi, l’océan Atlantique doit son nom aux Atlantes, peuple mythique du centre de l’Atlas et le Maroc est le pays où les anciens situaient le mythique jardin des Hespérides.

Histoire
Les premières traces de peuplement
L'Homme a laissé de nombreuses traces au cours de toute la période préhistorique, marque d'un peuplement très ancien, sans doute facilité par un climat plus favorable qu'aujourd'hui
À l'acheuléen (Paléolithique inférieur), des traces remontant à au moins 700.000 ans montre une première activité humaine. Ces hommes de type néanderthalien vivaient principalement de la cueillette et de la chasse. Les outils de cette époque sont les galets aménagés, le biface, les hachereaux... découverts principalement dans les régions de Casablanca et de Salé.
Le Moustérien (Paléolithique moyen) entre 120 et 40 mille ans avant l'ère chrétienne, se caractérise par l'évolution de l'outillage. De cette période, on a des restes de racloirs et de grattoirs, en particulier à Jbel Irhoud où l'on retrouve toute l'industrie lithique.
La période de l'atérien ( nom qui vient de Bir el-Ater en Algérie) est connue uniquement en Afrique du Nord. Cette période se caractérise par la maîtrise du façonnage de l'outil coupant et résistant comme le silex. Cette période a aussi connu un changement climatique, puisque, à cette époque, la faune se raréfie et la flore se déssèche, laissant place au désert qui coupe l'Afrique en deux.
C'est à partir du Paléolithique supérieur et l'arrivée de l'homo sapiens à industrie ibéromaurusienne que l'on a des traces de véritables peuplements. À Taforalt (Oujda), les outils retrouvés datent de 30 à 20 mille avant JC. et des rites funéraires sont identifiés : les morts ont le corps en décubitus latéral et les os peints.
Ces populations se maintiennent jusque vers 9000 avant JC puis elle vont être éliminées ou absorbées par l'arrivée des premiers ancêtres des populations berbères actuelles : Les capsiens (nom issu de la ville antique de Capsa, aujourd'hui Gafsa) arrivent de l'est (comme le montrent les études linguistiques, qui classent dans la même famille l'égyptien et le berbère).
Des sites néolithiques, montrant l'apparition d'une sédentaristaion et la naissance de l'agriculture sont découverts près de Skhirat (Nécropole de Rouazi-Skhirat) et de Tetouan (grottes de Kaf Taht el Ghar et de Ghar Kahal)
Antiquité

Les Phéniciens, commerçants entreprenants, installent leur premiers établissements sur les côtes marocaine dés le XIe siècle av. J.-C. et fondent des port-comptoirs comme Tingi (Tanger) ou Lixus (Larache). C'est à partir de la fondation de Carthage (en Tunisie, Maghreb de l'est) que la région commence à être réellement mise en valeur. L'influence punique se fera sentir près de mille ans au Maroc, dans ses relations avec les chefs de tribus berbères locales : en effet à partir du VIe siècle, les carthaginois en quète d'or (tiré de l'Atlas), de pourpre (coquillage que l'on trouve à Mogador par exemple, et qui donne la teinture du même nom), vont commercer avec les habitants du Maroc.
C'est à partir du IVe siècle av. J.-C. que, dans le nord du Maroc, apparait la première organisation politique du pays : le royaume de Maurétanie apparait, résultat de la fédération de différentes tribus berbères qui avait profité de l'influence punique[5].
Lorsque les Romains arrivent vers le IIe siècle av. J.-C., après la destruction de Carthage, ils sont d'abord alliés à ce royaume de Maurétanie, qui leur permet de lutter et de prendre à revers le chef numide Jugurtha. La Maurétanie devient un royaume ami, un « état-client », qui, s'il dépend étroitement de Rome et prendra part à toutes les querelles internes de l'Empire, reste de fait indépendant. En 40, le royaume des Maures perd son roi. Caligula, qui l'a fait assassiné, fait face à la guerre d'Aedemon : Il faudra quatre ans pour mater cette révolte et en 46, l'empereur Claude annexe le royaume qui devient la Maurétanie tingitane (chef-lieu Tingi, devenu Tanger). La domination romaine se limite aux plaines du nord (jusqu'à la région de Volubilis près de Meknès) et l'Empire ne cherche pas à contrôler la région très fermement : il semble que les tribus berbères autonomes et pacifiques étaient imbriqués dans les possessions romaines. Pour autant Rome doit lutter sans cesse contre les Berbères montagnards.
Au même titre que le reste de l'Afrique du nord, la Maurétanie Tingitane va connaitre la christianisation. Des dizaines d'évêchés couvrent la région, s'adressant d'abord aux populations romaines puis aux romanisée. C'est en 298, à Tanger, sous Dioclétien que saint Marcel, centurion romain, est décapité . Les berbères du Maroc ne seront, à la différence des berbères d'Algérie et de Tunisie, que très peu christianisés. Deux évêchés ont été identifié en Tingitane (à Tanger et Larache), mais il est possible qu'il y en ait eu quatre.
Au IIIe siècle, l'Empire recule. C'est aussi le cas en Afrique du Nord et en particulier au Maroc : la Maurétanie Tingitane se retrouve réduite à la seule ville de Tingi et à la côte nord. Elle est d'ailleurs rattaché administrativement à l'Espagne. Les villes du sud sont toutes abandonnées, y compris la grande cité Volubilis. Au sud seul le port de Sala est conservé à l'Empire. Les raisons de ce repli sont mal connues : pression des berbères montagnards et du sud? crise économique plus violente dans cette région? affaiblissemet dû aux conflits dynastique de l'Empire avec l'épisode des Gordiens?

Profitant de l'affaiblissement de l'Empire romain d'occident, une troupe de barbares de langue teutonne, formées de Suèves, de Vandales et d'Alains traverse le Rhin en 406. Les Vandales descendent alors en Espagne et passent en Afrique en 429. Ils atteignent Hippone (Algérie) en 430. Le gouvernement de Constantinople engage en vain une expédion navale contre cette invasion. Les Vandales s'installent dans l'Afrique du nord-ouest pour plus d'un siècle. Il faut attendre 533-534, pour voir la campagne d'Afrique engagée par Justinien Ier et dirigée par le général thrace Bélisaire anéantir le royaume vandale. La pacification du territoire reconquis fut, elle, plus laborieuse.
Le Maurétanie Tingitane, quant à elle, n'est d'abord pas touchée par la conquête et la domination vandale. Ceux-ci ne contrôleront jamais que les côtes méditerranéenne. La région passe sous contrôle byzantin en 534. Mais les berbères, habitués à une large autonomie depuis plus d'un siècle, s'ils sont encore « romanisés », ne sont plus « romains », et ils vont résister farouchement autour du prince Garmel. Après la victoire byzantine, la province connait un certain renouveau économique et démographique.
La conquête arabe
En 638, les arabes prennent Alexandrie. En 649, les voilà qui atteignent le Maghreb. Mais ce n'est qu'à la cinquième campagne (681) qu'ils entrent au Maroc. Ils font alors face à une farouche résistance berbère, suite à certaines erreurs diplomatiques. Les berbères, qu'ils soient montagnards, marocains ou algériens, vont permettre à l'empire byzantin de se maintenir jusqu'en 698. L'empire byzantin est alors vaincu et ne subsiste que la résistance berbère. Celle-ci va tenir encore quinze ans. En 708, le Maroc berbère se convertit massivement à l'Islam. Cette conversion, facile car touchant des populations qui n'ont jamais été christianisée, ne sera jamais remis en cause par les berbères. Si la région connaitra par la suite des révoltes anti-arabes, ce ne sera jamais anti-musulmans. Les musulmans utilisent très vite les capacités guerrières des nouveaux convertis : l'Espagne wisigothique est conquise en trois ans, les troupes arabes et berbères arrivent en Navarre en 715. Ils seront à Poitiers en 732.
L'ensemble du Maroc côtier est sous domination de l'empire Ommeyyade. Dans la région du Rif s'établit un petit émirat berbère autonome : l'émirat de Nekor ou Nokour.

En 740 a lieu la première révolte marocaine face au pouvoir arabe : aucunement une remise en cause de l'Islam, le kharijitisme sert de prétexte pour remettre en cause le califat d'orient. C'est, pour ses fidèles, la volonté de choisir « le meilleur » pour gouverner, et non pas forcément un descendant du prophète (ce que veut le chiisme), ou un candidat choisi par les sages (ce que veut le sunnisme). Le kharijitisme est la thèse la plus apprécié par les peuples berbères, qui ont des sentiments relativement démocratique : le chef se doit d'être choisi par tous, et non pas imposé Le califat ommeyyade ne peut l'accepter, et un conflit éclate. En 750, à Damas, les ommeyyades sont renversés par les abassides. Le Maghreb se retrouve dans une quasi-anarchie.
Les dynasties marocaines
Dynastie Idrisside (788-974)
L'histoire des Idrissides commence, lorsqu'un prince arabe de la famille de `Ali (quatrième calife de l'islam) accompagné par son frère de lait Rached Ben Morched El Koreichi, se réfugièrent dans le Moyen Atlas. Fuyant la menace des Abbassides (le massacre de la bataille de Fakh près de La Mecque), ils séjournèrent en Égypte avant de s'installer à Walilah (volubilis), sous la protection de la tribu berbère des Awarbas. Réussissant à rallier les tribus à sa cause, il fut investi Imam et fonda la ville de Fès en 789 sous le nom d'Idriss Ier. C'est le début de la dynastie des Idrissides. Depuis cette date, le Maroc n'a jamais totalement perdu son indépendance. Il a préservé jusqu'à nos jours son identité nationale.
Idris Ier est assassiné par un émissaire du calife Abbasside Haroun al-Rachid. Ne se doutant point que la femme d'Idris Ier Kenza était enceinte, Haroun al-Rachid pensa que la menace a été vaincue. Mais quelques mois plus tard, Idris II était né. Son éducation a été confiée à l'affranchi de son père Rachid. 11 années plus tard, il fut proclamé roi du Maroc. Au fil des années, sa sagesse et son sens pour la politique s'affirme, il réussit à unifier un plus grand nombre de tribus, le nombre de ses fidèles s'accroît et la puissance de son armée se développe. Se sentant à l'étroit à Walilah, il la quitta pour Fès, ou il fonda le quartier des Kairouanais sur la rive gauche (Idris Ier s'était établi sur la rive droite, le quartier des Andalous).
En 985, les Fatimides aidé par leur vassal Moussa ben Abi-l-Afiya chassèrent les Idrissides. Ces derniers embrassèrent la cause des Omeyyades du califat de Cordoue et se réfugièrent en Andalousie

Les Almoravides et l'empire marocain (974-1147)
Les Almoravides sont issus des tribus berbères sanhajas du désert mauritanien. C'étaient des tribus guerrières doublées d'un puissant mouvement religieux qui avait pour but d'instaurer l'islam sunnite de rite malékite dans tout l'Occident musulman (Al-Andalus et Afrique du Nord). Les Almoravides sont partis des actuels confins mauritano-maliens, se sont emparés du riche royaume du Ghana avec tout l'or qu'il produisait, sont parvenus à remonter les pistes caravanières vers le nord, jusqu'au Tafilalt dans les années 1050. Ils avaient pour chef Abou Bakr al Lamtouni puis Youssef Ben Tachfine. C'est ce dernier qui fonde Marrakech en 1062, au départ simple campement nomade destiné à devenir la capitale d'un empire. Les Almoravides font disparaître dans les régions qu'ils contrôlent toutes les doctrines qu'ils suspectent d'hérésie. C'est ainsi qu'ils mettent fin à la présence du chiisme dans la région du Souss et qu'ils détruisent le royaume Berrghouatta qui prospérait dans les plaines centrales du Maroc. Partout les Almoravides imposent le sunnisme malékite le plus strict, tel qu'enseigné par les écoles théologiques de Médine et de Kairouan. Cette unification religieuse se double d'une unification politique. Les Almoravides étendent ainsi leurs conquêtes jusqu'au Maghreb central. En 1086 Youssef Ben Tachfine, appelé par les roitelets musulmans d'Al Andalus, franchit le détroit de Gibraltar à la tête de ses forces sahariennes et parvient à briser l'offensive chrétienne des Castillans et des Portugais à Zallaqa. Les Almoravides mettent fin au règne chaotique des roitelets et unifient l'Andalousie musulmane, qui est incorporée à leur empire à partir de 1090. Youssef Ben Tachfine, qui a pris le titre d'Emir des Musulmans, règne sur un ensemble géopolitique s'étendant du Sénégal jusqu'aux abords des Pyrénées et des côtes atlantiques jusqu'à Alger. Cette domination almoravide se manifeste dans le domaine culturel par une symbiose des identités andalouse, ouest-maghrébine et saharienne, préparant la voie à l'émergence d'une civilisation hispano-mauresque. Dans le domaine économique, l'Etat almoravide se distingue par sa maîtrise des flux de l'or, dont il contrôle les zones de production et les voies d'acheminement, du Ghana au bassin méditerranéen. Après la mort de Youssef Ben Tachfine en 1106, son fils Ali lui succède, mais déjà la dynastie est contestée aussi bien en Espagne qu'en Afrique.

Almohades
Les Almohades (al Muwahiddines) sont à l'origine un mouvement religieux fondé par le mystique Ibn Tûmart (qui s'autoproclamait Mahdi et Imam impeccable). Ibn Tûmart était un Berbère qui avait longtemps séjourné au Moyen-Orient, et aurait rencontré personnellement le fameux théologien persan al Ghazali. De retour dans sa région d'origine (le Haut-Atlas) en 1125 Ibn Tûmart impose une doctrine intransigeante qui entend "purifier les mœurs". Il prend pour cible la dynastie almoravide, jugée selon lui hérétique. Le mouvement almohade prend de l'ampleur et Ibn Tûmart contrôle bientôt toute la montagne depuis son nid d'aigle de Tinmel. Le meilleur disciple d'Ibn Toumert est un Zénète de Nedroma qui se nomme Abd al-Mumin. Accepté par les Masmoudas du Haut-Atlas, il prend la tête du mouvement à la mort de son maître et devient le premier véritable souverain almohade. Almoravides et Almohades se livrent à d'incessantes batailles, les Almoravides employant une milice de mercenaires chrétiens menés par le chevalier catalan Reverter. Les Almohades ont à leur disposition une armée tribale solidement organisée par une discipline de fer. Mais l'Emirat almoravide traverse une période de crise, et le Maghreb tombe comme un fruit mûr aux mains des Almohades. Marrakech sera prise en 1147 et presque tous les monuments almoravides y seront rasés, dans un souci de "purification".
Abd al-Mumin prend le titre de calife, rompant ainsi avec les Abbassides de Bagdad et imposant l'idée d'un califat berbère indépendant. Lui et ses successeurs Abu Yaqub Yusuf et Abu Yusuf Yaqub al-Mansur agrandissent l'empire almohade par les conquêtes du Maghreb oriental (jusqu'en Tripolitaine) et d'Al-Andalus. L'Etat almohade devient une puissance majeure du monde méditerranéen, et ses trois capitales : Marrakech, Rabat et Séville, connaissent l'apogée culturelle et artistique de la civilisation hispano-mauresque. Le commerce, les productions agricoles et artisanales sont florissantes, et les ports nouent des relations avec les villes commerçantes italiennes. Mais après ce sommet de gloire viendra le déclin avec le calife Muhammad an-Nasir, vaincu par les croisés à Las Navas de Tolosa en 1212. L'empire almohade commencera à se désagréger, laissant la place aux quatre entités politiques de l'Occident musulman : les royaumes de Fès (Mérinides), Tlemcen (Zayyanides), Grenade (Nasrides) et Tunis (Hafsides).
Dynastie Wattasside (1465-1555)
Les Wattassides ou Ouattassides ou Banû Watâs viennnent d'une tribu de berbères Zénètes, comme les sultans Mérinides. Ces deux familles étaient apparentées et les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les vizirs wattassides s'imposent peu à peu au pouvoir. Le dernier sultan mérinide est détroné en 1465. Il s'en suit une période de confusion qui dura jusqu'en 1472. Le Maroc se trouve coupé en deux avec, au sud, une dynastie arabe émergeante, les Saadiens, et au nord le sultanat wattasside.
En 1472, les Mérinides ont perdu tous leurs territoires stratégiques et n'ont plus le contrôle du détroit de Gibraltar. Les Hispaniques commencent à occuper les côtes : Ceuta a été prise par les Portugais en 1415, et Melilla par les Espagnols en (1497). Le Maroc connait alors la période la plus sombre de toute son histoire.
Les Wattassides donnent finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant d'une origine arabe chérifienne (les Saadiens) en 1554

Saadiens (1555-1659)
Les Saadiens sont une dynastie arabe chérifienne originaire de la vallée du Draâ. Elle arrive au pouvoir en 1511 avec le sultan Abou Abdallah Mohammed. À partir de 1554 elle contrôle entièrement le Maroc, alors que l'est du Maghreb est sous le contrôle des Ottomans. Désigné par les zaouïas « Chadiliya du Draa », ils ont la lourde tâche de réunifier le Maroc et de combattre la puissante armée Portugaise (Grande puissance eurpéenne à l'époque). En 1578 à Ksar el-Kébir (Bataille des Trois Rois), l'armée portugaise est complètement anéantie par l'armée saadienne. Après cette bataille, la dynastie se concentre sur le Nord-Est du Maroc afin de protéger le royaume contre les velléités Ottomanes. Malgré leur opposition à la Sublime Porte, les Saadiens organisent leur makhzen et leur armée sur le modèle ottoman. La dynastie s'éteint en 1659 à la mort du sultan Ahmed II
Les sultans Alaouites (de 1636 à nos jours)
La dynastie alaouite (al-Alaouiyoune) est au pouvoir au Maroc depuis le XVIIe siècle. Les Alaouites descendent de Mohamed Nefs Zakiya ("Âme Pure"), lui-même descendant de Abdallah El-Kamil, ben Hassan El-Mouthanna, ben Hassan Sibt fils aîné d'Ali Ibn Abi Talib, gendre et cousin du prophète Mahomet. Az-Zakya fut proclamé Mahdi en 737 et tué au combat en 762. Théologien éminent, il a laissé la réputation d'un saint homme et vécut sous le règne du calife Al-Mansour.
Les Chérifs alaouites, ou hassaniens, se disent originaires de Yanboâ an-Nakhil, une oasis situé dans la péninsule arabique, appelé par de nobles pèlerins berbères du Tafilalet, au XIIIe siècle : Hassan Dakhil, prétendument 21ème descendant du prophète Mahomet, 17ème descendant de az-Zakya, se serait installé en 1266 à Sijilmassa. Son 5ème descendant, Moulay Mohamed ben Cherif, est le père du premier sultan (Moulay Rachid ben Chérif) de la dynastie alaouite.
Les Alaouites ont eu pour plus célèbre membre Moulay Ismaïl, qui gouverna le pays pendant 55 ans (1672-1727). Il réorganisa le Maroc et en assura la pacification, après avoir mené une série d'expéditions militaires contre des tribus insoumises, les Turcs ottomans et les chrétiens. Il affermit ainsi la domination du pouvoir central, le makhzen (مخزن : mot arabe signifiant « magasin », « grenier » (c'est-à-dire le trésor royal et les approvisionnements, une métonymie pour désigner le territoire soumis à l'impôt perçu et donc contrôlé par l'État) par opposition au bled-es-Siba, "pays du désordre", les pouvoirs locaux des tribus, jalouses de leur indépendance. Roi bâtisseur, il fonda Meknès et y installa sa capitale. Sa mort marque l'entrée dans une période troublée : les révoltes montagnardes, l'opposition religieuse des confréries, les années de sécheresse et de famine, les épidémies (notamment la peste en 1797-1800), qui provoquèrent un effondrement démographique, la montée des caïds et le repli du Maroc sur lui-même.
Le règne de Mohammed III (1757-1790) vit les débuts du commerce avec l'Europe. Au XIXe siècle, l'économie entra en crise et le désordre régna. Le Maroc déclara la guerre à la France pour venir en aide à l'émir rebelle algérien Abd-el-Kader qui luttait contre les français alors en pleine conquête de l'Algérie. Ceux-ci pénétrèrent au Maroc, en 1844, et gagnèrent la bataille d'Isly alors que les Espagnols s'emparaient de Tétouan en 1860. Hassan Ier (1873-1894) réussit cependant à maintenir l'indépendance politique du pays, mais l'affaiblissement du pouvoir central, l'entrée en dissidence de nombreuses tribus et les effets de la crise financière obligèrent l'État marocain à contracter des emprunts de plus en plus coûteux ; celui de 1904 entraîna l'installation dans les ports marocains de contrôleurs français.

Puissances en présence
Durant le XIXe siècle, les puissances coloniales européennes tentent d'asseoir leur influence en Afrique du Nord. Lors de la conquête de l'Algérie, la France obtient du Maroc une promesse de neutralité (1823). Mais en 1839, le sultan Abd el-Rahman soutient l'action du sultan algérien Abd el-Kader, le conflit algérien s'étend dans les provinces marocaines. L'armée marocaine est défaite par les troupes françaises du maréchal Bugeaud à l'Isly le 17 aout 1844. Le traité de Tanger, du 10 septembre 1844, met hors la loi le sultan Abd el-Kader et définit la frontière entre les deux pays.
La Grande Bretagne cherche à accroitre sa puissance économique et signe, en 1856, un traité commercial très à son avantage. L'Espagne pousse son désir de reconquête. Répondant aux succès des colonisations accomplies par la France, elle prend possession des îles Jaafarines, îlots méditerranéens, en mai 1848. Elle déclenche et gagne la guerre de Tétouan en 1859-1860[15]. Cette défaite impose au Maroc de lourdes pertes humaines ainsi qu'une importante indemnité de guerre, ce qui aggrave une situation économique déjà mal en point.
La France quant à elle, désireuse de constituer en Afrique du Nord un territoire homogène signe, en 1863, une convention franco-marocaine. Les avantages accordés à la France et la Grande Bretagne sont élargis à tous les pays européens lors de la conférence de Madrid (1880)
Le sultan Moulay Hassan à la tête du pays durant cette période (1873 - 1894) tente de le moderniser et joue sur les rivalités européennes pour conserver son indépendance. C'est aussi lui qui stoppe l'expansionnisme espagnol au Maroc. Mais à son décès , et encore plus à la mort du régent Ben Moussa dit Ba Ahmad en 1900, les manœuvres coloniales reprennent de plus belle sur le Maroc. la France en particulier occupe et intégre les terres marocaines orientales à ses départements d'Algérie française entre 1902 et 1904.
En effet, depuis qu'elle occupe et colonise l'Algérie, la France se préoccupe de la sécurité des confins algéro-marocains et lorgne sur le sultanat voisin, l'un des derniers pays indépendants d'Afrique. Ses commerçants et entrepreneurs s'y montrent très actifs, notamment à Casablanca, un port de création récente.
C'est ainsi que Lalla Maghnia et le Sahara central touchant la frontière du Mali, le Touat, Tidikelt, la Saoura, Béchar, Jorf Torba, Abbadia, Métarfa, Hassi Regel, N'khaila, El Hamira, Kenadsa, Sahela, Merkala, et Timimoun, passent sous contrôle français.
La politique menée par Abd al-Aziz conduit le pays à une crise économique et financière.

Coup de Tanger
En 1904, un accord conclu entre les partenaires de l'entente cordiale laisse à la France le Maroc comme zone d'influence, la Grande Bretagne se concentrant sur l'Égypte, le nord du Maroc est concédé à l'Espagne. L'empereur Guillaume II proteste contre les ambitions de la France au Maroc. Conformément à sa nouvelle doctrine de Weltpolitik, il veut avoir sa part des conquêtes coloniales.
Le 31 mars 1905, en vue de prévenir la mainmise de la France sur le Maroc, il débarque théâtralement à Tanger, au nord du sultanat, traverse la ville à cheval, à la tête d'un imposant cortège, et va à la rencontre du sultan Abd al-Aziz pour l'assurer de son appui. Ce « coup de Tanger » entraîne une poussée de germanophobie en France et la démission du ministre français des Affaires étrangères, Théophile Delcassé.
Conférence d'Algésiras
Le coup de Tanger débouche aussi sur la réunion l'année suivante, du 16 janvier au 7 avril 1906, d'une conférence internationale sur le Maroc à Algésiras, au sud de l'Espagne. Elle confirme l'indépendance du Maroc. Elle rappelle le droit d'accès de toutes les entreprises occidentales à son marché… Toutefois, au grand dam de Guillaume II, la France et l'Espagne se voient confier la police des ports marocains et un Français est chargé de présider la Banque d'État du Maroc.
En 1909, l'Espagne étend sa zone d'influence à tout le rif marocain.
Incident d'Agadir (1911)
On désigne par l'expression de la canonnière d'Agadir un incident diplomatique qui eut lieu en 1911, entre la France et l'Allemagne, à propos de l'envoi d'une canonnière (petit bateau faiblement armé) de la marine de guerre allemande dans le port marocain d'Agadir, alors placé sous protectorat français.
Les protectorats français et espagnol (1912 - 1956)
À partir de 1902, la pénétration économique européenne s’intensifie à tel point que le sultan Moulay Hafid, frère de Moulay Abd el-Aziz, est contraint de signer en 1912 le traité de protectorat qu’est la convention de Fès. Le traité institue, à partir du 30 mars 1912 le régime du protectorat français. En octobre de la même année, le sous-protectorat espagnol est mis en place sur le nord du Maroc (Tanger exclue).
La Première Guerre mondiale
En 1915, Hubert Lyautey reçoit l’ordre de Paris de retirer les troupes de l’intérieur pour les envoyer en France. Cette évacuation semble prématurée dans la mesure où la pacification se heurte encore à des mouvements rebelles soutenus par les Allemands

La Guerre du Rif
En 1921, le Rif se révolte contre l'Espagne, ils écrase les forces espagnoles à la bataille d'Anoual. Le chef suprême des forces espagnoles, le général Silvestre est tué, de grandes quantités d'armes et de munitions sont prises à cette occasion. Et en 1922, Abd el-Krim proclame la République confédérée des Rifains. Les forces françaises entrent alors en guerre contre ce nouvel état qui menace les intérêts nationaux. Les armées rifaines se rendent en mai 1926 et Abd el-Krim est exilé sur l'île de la Réunion jusqu'en 1948.
La Seconde Guerre mondiale
Le Général Lyautey quitte le Maroc en 1925, et la France diminue les prérogatives du pouvoir fondamental chérifien en procédant de plus en plus par gestion directe. Une résistance s'organise, d'abord seulement intellectuelle, à partir de jeunes élites urbaines, puis passant à une action d'agitation-propagande ; la seconde guerre mondiale marque une trêve entre l'opposition nationaliste et la France.
Pendant la guerre, le Sultan Mohamed Ben Youssef (Mohamed V), Sultan du Royaume Chérifien depuis 1927, entreprend de protéger tous les Juifs Marocains face au régime de Vichy. En 1942 a lieu le débarquement des Alliés à Casablanca.
Le sultan Mohamed Ben Youssef, à la suite de la victoire alliée en Afrique, donne son appui à la « France libre », et soutient l'organisation et le recrutement des forces française en Afrique[réf. nécessaire]. Le Maroc paie un lourd tribut à la guerre européenne : 25.000 hommes sont morts pour libérer la France.
Au retour des soldats au Maroc, ils sont acclamés par une foule dense.
Il s'ensuit des ferments de révolte nationaliste dans le pays. L'invasion de la France par les Allemands en 1940 puis, en 1942, le débarquement anglo-américain sur les côtes du Maroc, avaient atteint l'autorité de la France. En 1943, le parti de l'Istiqlal (indépendance) est fondé par des nationalistes marocains.
De l'idée d'indépendance à l'indépendance réelle
- 1953 : Emeutes populaires à Casablanca durement réprimées : le gouvernement français craint une extension aux autres villes marocaines. Le sultant Mohammed Ben Youssef refuse d'abdiquer : les autorités françaises déposent le souverain et le condamne à l'exil à Madagacar. Le gouvernement français installe au Palais de Rabat Mohammed Ben Arafa, parent éloigné de Mohammed Ben Youssef : il est agé de 70 ans. L'Espagne de Franco, non prévenue de cette manœuvre, refuse de reconnaître sa légitimité. La zone marocaine sous domination espagnole allait devenir ainsi pour les nationalistes marocains en fuite un sanctuaire d'où ils organisèrent des opérations de résistance contre la présence française.
- 1955 : La France, empétrée dans les conflits coloniaux en Indochine et en Algérie, décide d'aborder la question marocaine. Edgar Faure,¨Président du Conseil, négocie avec Mohammed Ben Arafa : des pré-pourparlers de négociation sont menés à Aix les Bains (Savoie) entre le 22 et le 26 août entre, côté marocain : Si El Hadj El Mokri, Grand Vizir, Si Kolti, délégué du Grand Vizir aux PTT, Si Thami El Mosbi, délégué du Grand Vizir aux Finances, Si Berrada, Vizir adjoint au Grand Vizir pour les affaires économiques, Si Abderrahaman El Hajoui, Directeur adjoint au protocole et S.E. Hadj Fatemi Ben Slimane, ancien pacha de Fez, et côté français : Edgar Faure, président du Conseil, Antoine Pinay, Ministre des Affaires étrangères, Robert Schumann, Garde des Sceaux, Pierre July, Ministre des Affaires marocaines et tunisiennes et le Général Koenig, Ministre de la Défense nationale. Le sultan Moulay Ben Arafa démissionne le 1° octobre 1955. Le 16 novembre le sultan Mohammed Ben Youssef , accompagné de son fils Moulay Hassan, futur Hassan II, revient à Rabat. Il entame aussitôt des discussions avec le gouvernement français au chateau de la Celle-Saint-Cloud.
- 1956 L'indépendance du Maroc est proclamée le 2 mars. Le sultan Sidi Mohammed ben Youssef prend le titre de roi Mohammed V. Hassan II lui succéda puis, actuellement, Mohammed VI.

Le Maroc moderne (depuis 1956)
L'Espagne à son tour reconnaît l'indépendance du pays le 7 avril 1956 avant de restituer le protectorat du Tétouan. Enfin le statut international de Tanger est aboli le 21 octobre de la même année et le port retourne au Royaume.
Les premières années après l’indépendance, jusqu'en 1960, la politique marocaine consiste à reconstituer le « Grand Maroc », projet dans lequel le Roi ne voulait pas être débordé par le parti de l’Istiqlal. Après le départ du ministre Allal El Fassi, l'idée est abandonnée.
En 1969, l'Espagne cède Ifni, onze ans après Tarfaya.
1963 : Guerre des sables
La guerre des sables est une guerre mettant au prise le Maroc et l'Algérie et qui a débuté dès l'indépendance de cette dernière
Politique
Le Maroc est une